FFMI : L’adoption du Building Information Model (BIM), un processus lent mais indéniable
Posté le 24/03/2025
Selon l'étude réalisée par « Mezzoteam », société spécialisée dans la gestion électronique de documents, la méthode de travail s'impose peu à peu auprès des entreprises. Elle concerne toutes les tailles de projets, essentiellement en conception et en construction.
LE MONITEUR - JULIE NICOLAS -18 mars 2025 \ 10h00
L'usage du BIM se heurte encore aux importants besoins de formation. Pour certains maîtres d’œuvres et même quelques maîtres d’ouvrages, parler de travailler en Building information modeling (BIM) est devenu un tabou. Un mot à ne plus prononcer tellement il est parfois devenu synonyme de mauvais retours d’expérience. Ca n’est pas le cas chez Mezzoteam, une société du groupe Infopro Digital [comme Le Moniteur, NDLR]. En effet, l’expert de la Gestion électronique de documents (GED) publie à l’occasion du salon BIM World son baromètre intitulé « Etat des lieux de l’usage du BIM et attentes de ces solutions » et ne voit dans le BIM que des avantages ou presque.
La moitié des praticiens du BIM sont formés
Les enseignements s’inscrivent ainsi dans la lignée de l’étude réalisée par le groupe Nemetscheck en fin d’année dernière. Ainsi, 73 % des répondants ont déjà utilisé le BIM, principalement dans les phases de conception et de construction. Et 62 % pensent que le BIM est indispensable pour rester compétitif. « L’investissement est donc considéré comme stratégique » souligne Nicolas Delmas, directeur délégué adjoint de Mezzoteam, qui retient que 60 % des utilisateurs affirment que la direction générale décide de l’achat de solutions BIM, mais que seulement 50 % des répondants ont déjà reçu une formation pour l’utiliser. « Nous constatons ce problème d’accompagnement des collaborateurs, qui s’explique aussi
par le fait que le marché est toujours en évolution avec des usages et des outils qui évoluent très rapidement. Cela n’aide pas à maîtriser les outils », estime Nicolas Delmas.
Le BIM concerne aussi les « petits » projets
Autre enseignement du baromètre, la méthode de travail collaborative n’est plus seulement l’apanage des grands groupes. Ainsi, parmi les répondants des entreprises comptant moins de 50 salariés, 63 % ont déjà travaillé en BIM et 36 % l’utilisent sur certains projets. Certes, pour les entreprises plus importantes, ils ne sont que 4 % à n’avoir jamais utilisé ces outils et à ne pas souhaiter le faire.
De même, la taille du projet n’est pas un critère pour utiliser la méthode de travail collaborative. Ainsi, 13 % des entreprises de moins de 50 salariés l’utilisent pour des projets dont le montant de travaux est inférieur à 1 million d’euros. Au total, pour les projets d’un budget inférieur à 10 millions d’euros, ce sont 44 % des répondants qui travaillent en BIM (indépendamment du nombre de salariés). Pour les projets dont le budget dépasse les 10 millions d’euros, ils sont 31 % à utiliser les méthodes de travail collaboratives.
Par contre, dans la majorité des cas (87 %) le BIM est utilisé dans les projets neufs, contre 64 % en rénovation/réhabilitation et 16 % pour les chantiers de démantèlement et/ou de décontamination. Logiquement, l'utilisation du BIM est plus répandue dans les premières phases des projets, telles que la conception (86 %), les phases d'estimation/quantitatifs (71 %) et la construction (71 %) mais moins dans l'exploitation (38 %) et la maintenance (36 %). Par ailleurs, les usages les plus pertinents du BIM concernent principalement la modélisation 3D pour la conception et la visualisation (69 %), la coordination et la détection de conflits (53 %), ainsi que la collaboration et la gestion de l'information entre les parties prenantes (50 %).
Automatiser les tâches répétitives : une demande des utilisateurs
Parmi les principaux freins invoqués pour ne pas utiliser le BIM, on retrouve les raisons habituelles avec en premier lieu le coût élevé des outils (pour 46 % des répondants), puis le temps nécessaire à l’apprentissage et à la mise en œuvre (43 %) et enfin les difficultés à intégrer le BIM dans les processus existants. Le manque d’interopérabilité intervient en quatrième position (38 %) devant les difficultés pour collaborer avec les différents utilisateurs (35 %).
Pour l’avenir, les décideurs aspirent donc à voir de nouvelles fonctionnalités intégrées aux plateformes BIM, telles qu’une automatisation accrue des tâches répétitives (génération de plans, rapports, etc.) pour 42 % des répondants. Mais aussi des outils de collaboration en temps réel dotés d’intelligence artificielle (26 %) ainsi qu’une compatibilité avec les objets connectés pour la gestion des bâtiments (21 %). La sécurisation renforcée n’intéresse pour l’instant que 10 % des répondants en moyenne, un chiffre qui passe à 19 % pour les maîtres d’ouvrages